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Gaz de schiste : l’oubli d’un scandale écologique

août 8, 2025 Auteur :
Gaz de schiste : l’oubli d’un scandale écologique

Dans le sud-est de la France, la Drôme et l’Ardèche furent autrefois le théâtre d’un débat houleux : fallait-il autoriser l’extraction du gaz de schiste, au risque de nuire gravement à l’environnement ?

Alors que les réserves mondiales de ce gaz naturel attisent les convoitises, de nombreuses voix se sont élevées contre cette énergie qualifiée “d’un autre âge”.

L’extraction du gaz de schiste : prouesse technologique, désastre écologique

Le gaz de schiste, emprisonné dans des couches profondes de roches argileuses, ne peut être extrait par les méthodes conventionnelles. Il nécessite une technique complexe et invasive : la fracturation hydraulique. Ce procédé consiste à injecter un mélange d’eau, de sable et de produits chimiques à très haute pression pour fissurer la roche et libérer le gaz.

Si certains saluent cette méthode comme un exploit technique, les conséquences environnementales sont lourdes :

  • Émissions massives de méthane, un gaz à effet de serre redoutable
  • Contamination des nappes phréatiques
  • Défiguration des paysages

Des promesses économiques au prix fort

L’exploitation du gaz de schiste promet des avantages économiques significatifs. Bénéfices qui s’accompagnent d’un prix environnemental exorbitant. Par exemple aux États-Unis, elle a entraîné une baisse des prix de l’énergie et une relance de la pétrochimie.

Des substances chimiques toxiques, parfois cancérigènes, ont infiltré les sols et les eaux à cause de ce gaz. Le documentaire Gasland a immortalisé cette réalité glaçante : des habitants allumant leur robinet et voyant l’eau s’enflammer. Une image-choc, reflet d’une vérité trop souvent minimisée.

Malgré tout, certains défendent ce gaz comme une alternative « moins sale » au charbon ou au pétrole.

Une perspective mondiale contrastée

Le gaz de schiste représente environ 35 % de la production de gaz aux États-Unis, faisant de ce pays un exportateur majeur avec des réserves estimées à 1 500 milliards de barils.

La Chine, l’Argentine et l’Algérie possèdent également d’immenses réserves.

En Europe, la France reste divisée, malgré une interdiction nationale. La Pologne, en revanche, a pris le pari de l’exploitation pour répondre à sa dépendance énergétique.

Pourtant, les trésors cachés des schistes pourraient bien rester inaccessibles si les coûts d’extraction continuent de grimper ou si la transition énergétique s’accélère.

La Drôme et l’Ardèche sous pression

Dans ces départements, le permis de Montélimar, accordé à Total, couvre plusieurs milliers de kilomètres carrés. Les opposants locaux dénoncent la possibilité d’explorations sous couvert de procédés « non conventionnels » censés contourner l’interdiction de la fracturation hydraulique. Pourtant, les collectifs citoyens restent vigilants : pour eux, ces projets ne sont qu’un écran de fumée dissimulant des intentions polluantes.

L’impact serait désastreux sur des territoires où agriculture, tourisme et biodiversité sont les piliers de l’économie. Dans une région vantée pour ses paysages préservés, des forages massifs porteraient un coup fatal à son identité et à son attractivité. C’est une guerre silencieuse contre la nature et les générations futures.

Une choix de société

Faut-il continuer à creuser, au nom de la croissance, quitte à aggraver la crise écologique ?

La réponse semble évidente pour de nombreux opposants : non. L’exploitation du gaz de schiste est une bombe à retardement pour la planète et ses habitants. La France a enfin l’opportunité d’investir dans des solutions durables, plutôt que de céder aux sirènes d’une énergie fossile périmée.

Alors, une question se pose : peut-on réellement parler de « progrès » lorsque nos avancées scientifiques détruisent ce qu’elles sont censées préserver ?

La situation actuelle en France (2025)

Actuellement le débat est clos. L’extraction est illégale, aucun projet n’est actif, et aucune discussion politique n’est actuellement programmée.

Nous recensons :

  • Interdiction stricte depuis 2011 : La fracturation hydraulique est interdite en France depuis la loi du 13 juillet 2011. Cette loi a été confirmée par le Conseil constitutionnel en 2013.
  • Aucune exploration ni exploitation envisagée. Le gouvernement a clairement indiqué que sans fracturation hydraulique, il est impossible d’exploiter ces ressources. Et aucune méthode alternative n’est actuellement à l’étude, donc il n’y a pas de projet, ni en Drôme, ni en Ardèche.
  • De fortes mobilisations citoyennes en 2011 dans ces départements, notamment à Villeneuve-de-Berg en Ardèche, contre les permis d’exploration accordés à l’époque. Mais depuis, ces projets ont été abandonnés et aucune relance ou nouvelle demande n’est en cours.

Jasmine Rassale

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