Liban : la Bekaa, une vallée sous pression.
Depuis mars 2026, plus d'un million de Libanais ont été déplacés. Dans la vallée de la Bekaa, où Unissons est présente, deux crises se superposent : celle des réfugiés installés depuis quinze ans, et celle des familles qui fuient aujourd'hui.
La Bekaa, c'est une plaine agricole coincée entre deux chaînes de montagnes, à l'est du Liban, le long de la frontière syrienne. C'est le grenier du pays : la vigne, les céréales, les vergers. C'est aussi, depuis quinze ans, l'une des zones qui accueillent le plus de réfugiés au monde rapporté à sa population.
Et depuis le 2 mars 2026, c'est une zone de bombardements.
Ce qui s'est passé depuis mars
Le 2 mars 2026, une escalade militaire régionale s'est étendue au Liban. Les frappes ont touché trois zones principalement : le sud du pays, la banlieue sud de Beyrouth (la Dahieh), et la vallée de la Bekaa. Habitations, infrastructures, services essentiels : les dégâts sont massifs.
Les ordres d'évacuation se sont multipliés. Des familles sont parties en quelques minutes, abandonnant leurs biens et parfois leurs papiers d'identité. Un cessez-le-feu a été annoncé le 17 avril 2026 — mais le HCR a averti que la crise humanitaire, elle, n'était pas terminée : frappes, démolitions, ordres d'évacuation, restrictions de mouvement et interdictions de retour continuent de peser sur les civils du Sud et de certaines parties de la Bekaa.
Le Liban depuis le 2 mars 2026
- Plus d'un million de personnes déplacées à travers le pays, dont environ 400 000 enfants
- 120 000 à 140 000 personnes vivent dans des centres d'hébergement collectifs
- Plus de 600 écoles et bâtiments publics réaménagés en abris
- 1,24 million de personnes pourraient basculer en insécurité alimentaire aiguë entre avril et août 2026 (PAM)
- +20 % sur le prix des légumes, +15 % sur le pain
- 11 milliards de dollars : besoins de reconstruction estimés (Banque mondiale, RDNA 2025)
Sources : HCR, PAM, UNICEF, OCHA, Banque mondiale, Solidarités International — données à jour de juin 2026.
La Bekaa : deux crises superposées
Voilà ce qui rend cette vallée particulière. Avant mars 2026, elle hébergeait déjà des centaines de milliers de réfugiés syriens installés depuis 2011. Au 31 mars 2026, le HCR recensait environ 490 000 réfugiés enregistrés au Liban, répartis principalement entre la Bekaa, le Nord, Beyrouth–Mont-Liban et le Sud. Le gouvernement libanais, lui, estime la présence syrienne totale entre 1,3 et 1,5 million de personnes.
Depuis l'escalade, une seconde vague s'ajoute à la première : des familles libanaises du Sud cherchent refuge dans les mêmes écoles, les mêmes bâtiments publics, les mêmes villages d'accueil, parfois les mêmes marchés locatifs que les Syriens installés depuis des années.
Le résultat est une concurrence silencieuse. Une commune qui hébergeait déjà des familles syriennes doit accueillir des Libanais déplacés. Une école qui recevait des élèves devient un centre d'accueil. Un dispensaire qui soignait une population pauvre doit traiter des blessés, des malades chroniques et des familles déplacées. Les loyers grimpent dans les zones jugées plus sûres — et les plus vulnérables, syriens comme libanais, sont repoussés vers des logements toujours plus précaires.
Un pays déjà à terre avant les frappes
Il faut rappeler d'où part le Liban. La crise financière de 2019 a détruit l'épargne des ménages et effondré la monnaie. En 2022, plus d'un tiers des Libanais vivaient sous le seuil de pauvreté. Les services publics étaient déjà affaiblis, les hôpitaux sous-financés, les réseaux d'eau et d'électricité défaillants.
Autrement dit : la guerre n'a pas frappé un pays solide. Elle a frappé un pays qui tenait debout par habitude.
L'eau, première victime invisible
C'est le point qui nous concerne le plus directement. Les réseaux d'eau et d'assainissement ont subi de graves dégâts, privant des communautés entières d'un accès sûr à l'eau potable. Dans les abris collectifs surpeuplés, l'eau et l'hygiène deviennent immédiatement le premier facteur de risque sanitaire.
Les organisations présentes sur place — Solidarités International, Oxfam, l'UNICEF — concentrent une large part de leur réponse sur le WASH : réhabilitation des forages, solarisation des systèmes de pompage, transport d'eau par camion, surveillance de la qualité, kits d'hygiène. Ce ne sont pas des gestes symboliques : dans un abri de 300 personnes, un point d'eau fonctionnel évite une épidémie.
Ce que fait Unissons dans la Bekaa
Nous sommes présents dans la vallée de la Bekaa. Notre approche y est la même qu'ailleurs : passer par des relais locaux qui connaissent les villages, cibler les familles que les grands circuits d'aide atteignent mal, et documenter chaque action en images.
Les besoins prioritaires que nous identifions sur ce terrain sont ceux de toute crise de déplacement : l'eau potable, l'aide alimentaire, et le soutien aux familles hébergées dans des conditions précaires — celles qui ne sont ni dans un camp officiel, ni dans un centre collectif, et qui passent donc sous les radars.
Un don libre, mobilisé immédiatement
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Faire un don →Note de la rédaction. Cet article décrit une situation humanitaire en cours, à partir des publications du HCR, du PAM, de l'UNICEF, d'OCHA, de la Banque mondiale et d'ONG présentes sur le terrain (Solidarités International, Oxfam, Secours Islamique France), à jour de juin 2026. La situation évolue vite : les chiffres cités peuvent être dépassés au moment où vous lisez ces lignes. Nous nous en tenons volontairement aux constats humanitaires et aux sources onusiennes. Une correction à nous signaler ? unissonscharity@gmail.com.